Crédits immobiliers

Crédits immobiliers : de mauvaises nouvelles à prévoir en 2025

Après une accalmie bienvenue pour les ménages, l’année 2025 pourrait marquer un tournant moins favorable pour les emprunteurs. Si les banques prêtent de nouveau et que les taux immobiliers se sont assagis, plusieurs signaux laissent craindre un retour de tensions dans les prochains mois.

Un marché du crédit plus souple depuis un an

Depuis l’été dernier, les établissements bancaires ont retrouvé de l’appétit pour le risque. Les clients peuvent à nouveau négocier, comparer les offres et bénéficier d’une concurrence plus vive. Les taux, eux, ont reculé d’environ un point avant de se stabiliser autour de 3,30 % à 3,45 % en moyenne, selon les chiffres du courtier Empruntis publiés en août 2025. Pour certains dossiers solides, il reste possible d’obtenir des conditions proches de 3 %. Cette baisse, conjuguée à un recul des prix de l’immobilier, a temporairement redonné du souffle au pouvoir d’achat immobilier.

Taux des crédits immobiliers

Une rentrée sous le signe de l’incertitude

La bonne dynamique pourrait cependant se gripper. Car si les taux courts, pilotés par la Banque centrale européenne, ont connu une détente, les taux longs – fixés par le marché obligataire – restent élevés. Ludovic Huzieux, cofondateur d’Artémis Courtage, rappelle que les obligations d’État françaises, qui servent de référence aux banques, demeurent stables mais sensibles aux tensions géopolitiques ou aux annonces protectionnistes américaines. Dans ce contexte fragile, le moindre soubresaut peut peser sur le coût du crédit. La santé du marché immobilier reste un facteur clé à surveiller pour comprendre l’évolution des taux et de la confiance des acteurs.

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Les finances publiques sous surveillance

À cette équation s’ajoute une dimension très française : l’incertitude autour du budget 2026. Un éventuel report de l’examen de la loi de finances, lié à des turbulences politiques, inquiète déjà les marchés. Comme le souligne Caroline Arnould, directrice générale de Cafpi, les taux à dix ans – baromètre du financement immobilier – dépendent largement de la crédibilité budgétaire de l’État. Or, pour regagner la confiance des investisseurs, il faudra démontrer une volonté d’assainir les comptes publics, ce que réclame depuis longtemps la Cour des comptes.

Le risque d’un effet de ciseau pour les acheteurs

La reprise des transactions immobilières pourrait entraîner, dans certaines zones, une remontée des prix. Si elle s’accompagne d’une hausse du coût du crédit, les ménages se retrouveraient pris dans un effet ciseau : prix en hausse d’un côté, financement plus cher de l’autre. Pour éviter ce scénario, il faudrait un apaisement géopolitique et une amélioration nette du profil financier de la France – deux conditions qui restent incertaines à l’heure actuelle.

En attendant, vigilance et anticipation

Pour les candidats à l’achat, la période actuelle reste favorable, mais pourrait ne pas durer. Les experts conseillent d’anticiper et de verrouiller son taux rapidement en cas de projet. Car si les indicateurs venaient à se durcir, mieux vaudrait avoir déjà sécurisé son financement. Dans un marché où les équilibres se jouent au dixième de point, la prudence reste le maître-mot. Pour mieux comprendre comment ils pourraient évoluer, il peut être utile de suivre l’évolution des taux immobiliers.

Baptiste Guichard est rédacteur pour ce site spécialisé dans l’immobilier et l’univers de la maison. Ancien agent immobilier, il met aujourd’hui son expertise au service de contenus clairs et pratiques pour aider les lecteurs à mieux comprendre le marché, rénover leur logement ou trouver la maison qui leur ressemble.

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