Après une année 2024 marquée par un net ralentissement, le marché immobilier semblait reprise du marché immobilier. Les taux de crédit plus bas et la légère décrue des prix avaient redonné espoir aux acheteurs comme aux professionnels du secteur. Mais entre incertitudes politiques et remontée discrète des barèmes bancaires, cette embellie pourrait bien être fragile.
Une reprise qui reste à confirmer
Selon les notaires, le volume de transactions immobilières sera sans doute supérieur en 2025 à celui de l’an dernier. Dans plusieurs métropoles, les prix repartent même à la hausse, signe d’un regain d’intérêt. À l’international, les investisseurs reviennent également, et pour la première fois depuis 2022, ils anticipent davantage une revalorisation qu’une baisse des actifs.
En France, pourtant, la situation reste contrastée. Si les taux courts continuent de baisser, les taux longs, qui servent de référence aux prêts immobiliers, sont sous pression. La dette française à dix ans, sensible aux soubresauts politiques, pèse sur les conditions de financement. Résultat : certains établissements bancaires ont relevé leurs barèmes de 0,10 % à 0,25 % à la rentrée.
Des acheteurs prudents, des vendeurs rigides
Face à ce climat, les acheteurs prennent leur temps. Comme le souligne le réseau ORPI, ils négocient davantage, formulent des offres basses et préfèrent attendre de nouvelles baisses de prix avant de s’engager.
Les vendeurs, eux, peinent à ajuster leurs attentes. D’après le site SeLoger, beaucoup de logements achetés à Paris après 2020 se revendent aujourd’hui à perte, ce qui freine les baisses de prix. De plus, pour les investisseurs locatifs, l’équation devient complexe : au prix d’achat et aux charges s’ajoutent désormais la fiscalité, la tension locative et la contrainte de la performance énergétique, devenue incontournable avec la réglementation en vigueur.
Des freins qui pourraient durer
Les notaires du Grand Paris mettent en garde : une nouvelle remontée des taux, même légère, combinée à l’instabilité politique actuelle, pourrait briser cette dynamique encore fragile. À cela s’ajoute la hausse annoncée des droits de mutation (souvent appelés « frais de notaire »), qui représenterait un surcoût direct de 0,5 % sur le prix d’acquisition selon la plateforme GoFlint.
Dans ce contexte, beaucoup d’acheteurs adoptent une posture d’attente, freinant la relance espérée. L’immobilier résidentiel, après quelques signaux positifs en ce début d’année, pourrait donc ne pas connaître de véritable reprise, mais plutôt un faux départ, en attendant une meilleure visibilité économique et politique.

Baptiste Guichard est rédacteur pour ce site spécialisé dans l’immobilier et l’univers de la maison. Ancien agent immobilier, il met aujourd’hui son expertise au service de contenus clairs et pratiques pour aider les lecteurs à mieux comprendre le marché, rénover leur logement ou trouver la maison qui leur ressemble.







