Résidences secondaires

Résidences secondaires : les villes qui veulent en finir avec ce modèle

À Saint-Malo, un après-midi de septembre, les ruelles intramuros semblent respirer à nouveau après l’agitation estivale. Les terrasses sont clairsemées, les crêperies servent tranquillement leurs clients et les touristes profitent d’un calme retrouvé. Mais en franchissant la porte des agences immobilières, l’ambiance change : exaspération et frustration dominent. La disparition des passoires thermiques risque d’accélérer cette tension dans le secteur immobilier.

Pour beaucoup de professionnels du secteur, la récente loi de 2024, qui permet aux communes comptant plus de 20 % de résidences secondaires de restreindre leur construction dans certaines zones, est vécue comme une contrainte supplémentaire. « Pourquoi empêcher des familles de s’offrir un pied-à-terre pour la retraite ? », s’interroge une agente immobilière, dont la clientèle se compose en grande majorité de propriétaires non permanents.

Derrière ce bras de fer se cache une réalité plus préoccupante : dans de nombreuses villes touristiques, les habitants peinent à trouver un logement accessible. Les prix flambent, poussés par la spéculation, et les résidents à l’année voient leurs perspectives se réduire comme peau de chagrin.

Chamonix, Saint-Malo et Biarritz en première ligne

Certaines communes emblématiques ont décidé d’aller plus loin dans la régulation. À Chamonix, en Haute-Savoie, la municipalité a choisi une politique particulièrement volontariste : interdiction des nouvelles résidences secondaires sur près de 90 % des zones constructibles, limitation des extensions hôtelières et création ou reconversion de 1 000 logements permanents d’ici 2035. À cela s’ajoute une exigence forte de mixité sociale : 50 % de logements sociaux dans les nouveaux quartiers et 25 % pour tout projet dépassant 200 m².

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Les élus vont même plus loin : 90 hectares initialement destinés à l’urbanisation ont été reclassés en terres agricoles, et 50 hectares en espaces naturels protégés. Une manière de protéger à la fois le tissu social local et l’environnement montagnard.

À Saint-Malo et Biarritz, le même dispositif s’applique désormais : la possibilité d’exclure les résidences secondaires de certaines zones grâce au plan local d’urbanisme. L’objectif est clair : rééquilibrer le marché au profit des habitants permanents.

Entre identité locale et développement durable

Derrière ces mesures parfois impopulaires se dessine un enjeu central : maintenir la vie locale. Dans bien des communes, les centres-villes se vident hors saison, transformés en vitrines touristiques, tandis que les familles locales doivent s’éloigner toujours plus. Les élus mettent en avant une double mission : préserver l’identité culturelle et sociale, tout en favorisant un urbanisme durable. Il est également important de suivre la réglementation location longue durée pour mieux comprendre les enjeux liés à la gestion locative.

Limiter la construction de résidences secondaires, c’est aussi freiner l’artificialisation des sols et protéger des ressources naturelles de plus en plus convoitées. Dans ce contexte, la loi apparaît comme un outil pour concilier développement économique, justice sociale et respect de l’environnement. Pour mieux comprendre les enjeux liés à cette problématique, il est essentiel d’étudier comment limiter la construction immobilière peut favoriser un équilibre durable.

Vers un nouvel équilibre ?

La question reste sensible. Les défenseurs des résidences secondaires y voient un moteur économique pour le tourisme et le commerce local, tandis que les habitants dénoncent une exclusion progressive des centres-villes. Selon les notaires de France, la tension sur l’immobilier dans les zones littorales et alpines ne cesse de croître, alimentée par la rareté de l’offre et l’attractivité des territoires.

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Reste à savoir si ces restrictions permettront réellement de recréer un équilibre entre habitants à l’année et propriétaires occasionnels. Une chose est sûre : le modèle traditionnel de la résidence secondaire, longtemps perçu comme un luxe enviable, est désormais remis en question dans plusieurs villes emblématiques de l’Hexagone.

Baptiste Guichard est rédacteur pour ce site spécialisé dans l’immobilier et l’univers de la maison. Ancien agent immobilier, il met aujourd’hui son expertise au service de contenus clairs et pratiques pour aider les lecteurs à mieux comprendre le marché, rénover leur logement ou trouver la maison qui leur ressemble.

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