Son assureur refuse de rembourser son portail volé

Il crie au scandale : son assureur refuse de rembourser son portail volé

Un cambriolage, des mois d’attente, des refus répétés… et finalement un revirement. L’histoire de Marie, jeune propriétaire de l’Eure, illustre à quel point les relations entre assurés et compagnies peuvent parfois tourner au bras de fer.

Un portail découpé par des cambrioleurs

Un soir de mai, des voleurs s’introduisent sur la propriété de Marie. Plutôt que d’escalader son portail, ils préfèrent le découper pour accéder au garage et repartir avec du matériel d’outillage. « Vos cambrioleurs sont des fainéants ! », ironisent les gendarmes venus constater les dégâts. Si la maison elle-même n’a pas été forcée, ce détail allait peser lourd dans le dossier d’assurance.

Deux refus successifs de l’assureur

Dès le 28 mai, Marie contacte son assureur habitation. Procédure suivie à la lettre, dépôt de plainte, expertise mandatée… mais le 18 juillet, c’est la douche froide : refus de prise en charge. Motif invoqué : le portail n’entre pas dans le champ de la garantie vol, puisque les cambrioleurs n’ont pas pénétré à l’intérieur du domicile. Quelques semaines plus tard, nouvel espoir… vite douché par un second refus.

Le médiateur change la donne

Persévérante, Marie saisit le médiateur de l’assurance. Deux semaines après, miracle : l’assureur accepte finalement de couvrir les réparations du portail et le remplacement de son moteur, devis à l’appui. « Je suis soulagée de ne pas avoir baissé les bras », confie la propriétaire, après trois mois de démarches et de stress.

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Des règles floues et variables selon les assureurs

Le cas de Marie illustre un problème fréquent : le portail assuré est-il considéré comme faisant partie intégrante du bien assuré ? Selon Samuel Bansard, spécialiste en assurances, tout dépend de la compagnie et de la formulation des contrats. Chez certains, comme Pacifica, la dégradation du portail est incluse. À la MACIF, c’est une option payante. À la Matmut, ce n’est tout simplement pas couvert. Une diversité de pratiques qui entretient la confusion, même pour des assurés prudents.

Des recours possibles pour les assurés

Pourquoi l’assureur mandate-t-il un expert si la garantie ne s’applique pas ? La question revient souvent. « L’expert sert à vérifier l’origine et l’ampleur des dommages, mais son intervention ne signifie pas automatiquement une indemnisation », rappelle Samuel Bansard. En cas de désaccord, les assurés peuvent :

  • déposer une réclamation officielle,
  • demander une contre-expertise,
  • ou saisir le médiateur de l’assurance.

Une double peine pour les victimes

Pour Marie, cette expérience a laissé un goût amer : « Nous avions même souscrit deux assurances, une pour la maison et une pour la dépendance, pour être sûrs d’être bien couverts. Résultat : notre bien est dégradé, et c’est à nous de nous battre pour être indemnisés. » Une astuce du verre d’eau peut aussi dissuader certains cambrioleurs.

Ironie du sort : les voleurs, après avoir découpé le portail, ont laissé la partie sectionnée sur place. Un geste que Marie tourne en dérision : « Des cambrioleurs fainéants mais sympas ! »

Une affaire qui rappelle combien il est essentiel de lire attentivement les conditions générales de son contrat et de vérifier, noir sur blanc, ce qui est réellement couvert.

Baptiste Guichard est rédacteur pour ce site spécialisé dans l’immobilier et l’univers de la maison. Ancien agent immobilier, il met aujourd’hui son expertise au service de contenus clairs et pratiques pour aider les lecteurs à mieux comprendre le marché, rénover leur logement ou trouver la maison qui leur ressemble.

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