Les propriétaires qui mettent leur logement en location pourraient bientôt souffler. Alors que la crise du logement s’aggrave, un nouveau statut fiscal pour les bailleurs privés est en discussion. L’idée : redonner un vrai coup de pouce à la location longue durée, un secteur qui peine à attirer les investisseurs. La disparition des biens classés G est prévue dans le cadre de ces mesures.
Et pour cause : en deux ans, l’offre locative a chuté de 36 % en France. À Paris, la situation est encore plus dramatique : moins 50 % de logements disponibles en un an, et près de 74 % en trois ans. Une pénurie qui s’explique par plusieurs facteurs : la hausse des taux d’emprunt, qui ont dépassé les 4 % avant de refluer timidement, la fin du dispositif Pinel ou encore l’interdiction progressive de louer les passoires thermiques.
Face à ce constat alarmant, une mission parlementaire a été confiée en 2024 au sénateur Marc-Philippe Daubresse et au député Mickaël Cosson. Leur feuille de route ? Imaginer un statut fiscal plus attractif pour inciter les propriétaires à remettre leurs logements sur le marché.
Cinq propositions pour relancer le marché locatif
1. Amortir son bien en location nue
Jusqu’ici réservé aux meublés, l’amortissement fiscal pourrait s’appliquer aux locations nues longue durée. Concrètement, les propriétaires pourraient déduire jusqu’à 80 % du prix d’achat d’un logement, au fil des années, de leurs revenus locatifs imposables.
Un appartement neuf acheté 150 000 € donnerait droit à 7 500 € d’amortissement annuel, réduisant d’autant l’impôt à payer. De quoi rendre la location nue bien plus compétitive face au meublé.
2. Un abattement renforcé pour les petits bailleurs
Le régime micro-foncier (plafond actuel : 15 000 € de loyers par an) pourrait être élargi jusqu’à 30 000 €. L’abattement forfaitaire passerait quant à lui de 30 % à 50 %. Un geste significatif pour encourager les petits investisseurs à persévérer malgré la pression fiscale.
3. Un déficit foncier mieux valorisé
Autre piste : relever le plafond du déficit foncier déductible du revenu global. Bloqué à 10 700 € depuis un quart de siècle, il grimperait à 40 000 €. Une mesure qui permettrait à de nombreux propriétaires d’engager plus facilement des travaux de rénovation, notamment énergétiques.
4. Exclusion de l’IFI pour les biens en location
Les logements loués en résidence principale pourraient sortir de l’assiette de l’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI). Objectif : ne pas pénaliser ceux qui participent à l’effort collectif en mettant un bien durablement sur le marché.
5. Une exonération d’impôt après 20 ans
Enfin, le rapport suggère d’exonérer totalement les plus-values immobilières après 20 ans de détention. Aujourd’hui, il faut patienter 30 ans pour en bénéficier. Un raccourcissement qui renforcerait l’attractivité de l’investissement locatif sur le long terme.
Un rapport qui suscite l’espoir
Selon ses auteurs, ces mesures pourraient générer 90 000 logements supplémentaires par an d’ici 2030. Mieux encore, elles auraient un impact sur le marché immobilier. Elles auraient un impact positif sur les finances publiques : environ 500 millions d’euros dès 2026, puis jusqu’à 1,9 milliard par an entre 2026 et 2036.
Les professionnels de l’immobilier saluent déjà l’initiative. Pascal Boulanger, président de la Fédération des promoteurs immobiliers, parle d’« un rapport qui va dans le bon sens ». Une impression partagée par de nombreux acteurs du secteur, même si la prudence reste de mise.
Car rien n’est encore acté : le gouvernement doit désormais examiner ces propositions dans le cadre du projet de loi de finances 2026. D’ici là, les propriétaires resteront suspendus à cette possible réforme, qui pourrait bien redonner un souffle nouveau au marché locatif français.

Baptiste Guichard est rédacteur pour ce site spécialisé dans l’immobilier et l’univers de la maison. Ancien agent immobilier, il met aujourd’hui son expertise au service de contenus clairs et pratiques pour aider les lecteurs à mieux comprendre le marché, rénover leur logement ou trouver la maison qui leur ressemble.







